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La ligue des droits de l'Homme

                La ligue française pour la défense des droits de l'Homme et du citoyen se voit plus communément appelée Ligue des droits de l'Homme ou LDH. Cette ligue fut fondée en 1898 pendant l'affaire Dreyfus.

                Le 4 juin 1898, tous les membres défendant la cause dreyfusarde se regroupèrent et le républicain Ludovic Trarieux fit officiellement enregistrer la LDH, cela même avant le vote de la loi de 1901 sur les associations. Biensûr, elle fut enregistrée ce jour mais elle était déjà créée depuis un moment. Effectivement, le sénateur de la Gironde, Trarieux, ancien ministre de la justice, faisait partie des témoins de la défense lors du procès d'Emile Zola, c'est ainsi qu'il proposa donc à quelques amis, la création d'une ligue pour la défense des droits du citoyen. Le 20 février 1898, ils étaient 9 adhérents. Le 29 mars, ils étaient 269. C'est alors que le 4 juin fut la date de la première assemblée générale. La Ligue adopta plusieurs principes fondamentaux à suivre lors de cette assemblée. Parmi l'un d'eux, qui a guidé la Ligue au cours des siècles était établi :

                " A partir de ce jour, toute personne dont la liberté serait menacée ou dont le droit serait violé, est assurée de trouver auprès de nous aide et assistance. ". Dès lors, la ligue compte plus d'un millier d'adhérents. Assurément, la LDH a tout d'abord été créée à l'occasion de l'affaire Dreyfus mais aussi de l'affaire Zola, afin de défendre un innocent victime de l'antisémitisme et de la raison d'Etat. Mais ensuite, celle ci fut considérée comme une association visant l'observation, la défense et la promulgation des droits de l'Homme au sein de la république française dans tous les domaines de la vie publique. Elle se base sur une stricte défense des droits individuelles avec l'aide de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789.

                 A ces débuts, la LDH ne s'interesse pas vraiment aux droits sociaux mais plutôt aux droits politiques, puisque à cette époque d'autres associations similaires existent à l'époque comme la Société protectrices des citoyens contre les abus, de 1881 par Hugo et Clémenceau. Mais par la suite, elle les défendit aussi. Durant l'affaire Dreyfus, les ligueurs affirment l'irrégularité du procès et l'innocence du capitaine. Le parti antidreyfusard oblige la Ligue a poursuivre ses actions de défense. Lorsque la grâce accordée au condamné en septembre 1899, détourne l'opinion publique de ses déchirements, comme l'espérait Waldeck-Rousseau, la Ligue poursuit son combat pour la réhabilitation et l'innocentement de Dreyfus. A partir de l'automne 1903, la Ligue change de président et est alors dirigée par Francis de Pressensé. Il soutaint de plus belle le condamné et les principes de la LDH. Il lutta pour la solidarité sociale, encore après la victoire de 1906.

Les dreyfusards dans la société et dans la République Laïque

 

              Dans la société, selon Léon Blum les premiers dreyfusards appartenait essentiellement aux milieux libéraux: « c’est dans ce milieu composite que les dreyfusards trouvèrent d’emblée le plus de partisans ouverts, et surtout le plus d’alliés secrets ou discrets ». Blum cite ainsi Jean Casimir-Périer, Waldeck-Rousseau, Adrien Hébrard, Ludovic Trarieux, et bien d’autres qui étaient tous dreyfusards.

Il ajoute ensuite: « Les Princes, les membres des familles royale et impériale, ne doutaient pas de l’innocence de Dreyfus. L’impératrice Eugénie, par exemple, était dreyfusarde convaincue et résolue », le duc d’Aumale également, le pape et les plus hauts dignitaires de l’Eglise romaine. Ils sont dreyfusards car ils sont modérés et instruits.

Il est vrai que, parmi les premiers dreyfusards, il y a aussi le leader radical Georges Clemenceau, le leader socialiste Jean Jaurès, le militant socialiste Lucien Herr ; mais ils défendent Dreyfus en hommes civilisés.

 

                Dans le camp de la République laïque, comme les juifs, les protestants sont majoritairement dreyfusards ; leur quotidien Le Signal et leurs pasteurs s'engagent. C'est d’ailleurs le pasteur de Rennes qui trouve une maison pour Lucie Dreyfus, la sœur du capitaine, pendant le procès de 1899. Des protestants sont traités de sans-patrie et La Croix écrit, le 25 décembre 1898 : « Le protestantisme c'est l'ennemi (qui veut même) peut-être la radiation de la France de la carte d'Europe ». Les dreyfusards fuent assez remarquable pour qu'on accuse les protestants de former un syndicat pour sauver Dreyfus, au syndicat juif et aux francs-maçons.

Les francs-maçons, eux, s'ils n'étaient que 20 000, rejetaient pour la plupart l'antisémitisme qui fut condamné, comme le militarisme et le cléricalisme. Près de 300 parlementaires étaient francs-maçons dont certains contre Dreyfus tel le président Félix Faure et le ministre des Colonies André Lebon.

L'antisémitisme pendant l'Affaire

 

           L’antisémitisme est un mot inventé au cours du 19ème siècle qui désigne un racisme dirigé contre les juifs. L’antisémitisme sera vraiment véhiculé dans la société sous l’impulsion d’Edouard Drumont, un nationaliste. Ce phénomène ne naît donc pas en France avec l’Affaire Dreyfus, il ne fait que l‘affermir. Pourtant, au début l’opinion publique ne soutient ni Dreyfus, ni les antisémites. Mais, certains Français sont très vite gagnés par une sorte de rage. Chacun prend donc rapidement parti.

Pour la presse antisémite, lorsque Alfred Dreyfus, seul juif de l’Etat-major Français, est accusé, c’est la preuve que les Juifs en général sont des traitres. Dès lors que le capitaine est arrêté, plusieurs Journal se déchaine et ne font qu’exacerber l’antisémitisme. La presse antidreyfusarde n‘a d’ailleurs pour grand thème que l‘antisémitisme et le nationalisme; dénonçant le danger allemand et critiquant le respect de l'ordre et de l'Armée. Le Journal de l'Aveyron, par exemple, dénonce une soit disant machination des dreyfusards et écrit: « Les Juifs en sortiront écrasés, anéantis, voués pour des siècles à l'exécration de tous les Français et traqués comme des bêtes fauves ». Ce sont d’ailleurs sur des discours similaire que porte les brochures, chansons et autres.

Il existait même de 1896 à 1902  L'anti-Juifs, célèbre journal dirigé par Jules Guérin. Cependant, le journal antisémite le plus lu se révèle être La libre paroleD’abord parce que c’est lui qui annonce le 29 Octobre 1894, l’arrestation du capitaine, mais surtout parce qu’il a été fondée par l’un des plus célèbre antisémite, Edouard Drumont. 

Première page du journal "La Libre parole"

Au départ, Edouard Drumont est un célèbre Journaliste obscur qui publia en 1886 La France Juif, un véritable succès, puis très vite il est considéré comme le prophète de l’antisémitisme. Il fonda par ailleurs quelques temps avant l'affaire Dreyfus, en 1889, la ligue antisémitique, très populaire forte de 10000 adhérents. qui rassembla en 1896 des commerçants, par exemple, qui clamèrent: "N'achetez rien aux Juifs !"
De la publication de La France Juif au déclenchement de l’Affaire, il tente de séduire ceux dont les idées politique reste éloignées de toutes formes d‘extrémisme: les catholiques antilibéraux et une parti de l’extrême gauche radicale et des socialistes. Toutefois, il dresse contre lui les socialistes et l’ensemble de la gauche républicaine.

Edouard Drumont

Durant l’Affaire, l’antisémitisme intègre un système de valeur bien identifiable mais démontre en même temps que l’antisémitisme est incapable d’exister comme une force politique autonome. Cependant, l’antisémitisme de Drumont est peu représenté à la Chambre des députés, malgré qu’avec l’Affaire, le nombres de députés antisémites augmente. Majoritairement de droite, il siègent à divers endroits de l’Assemblée. Parmi ces députés ont peu trouvé plusieurs boulangistes comme Maurice Barrès ou encore Francis Laur, membre de la Ligue antisémitique. Avec le développement de l‘affaire Dreyfus, l’antisémitisme passe définitivement à droite.

On pouvait entendre des paroles antisémites partout en France tel que: "A mort les Juifs, a mort les Juifs il faut les pendre sans plus attendre par le pif". Ils disaient aussi: " Il faut interdire aux Juifs l'accès de toutes les fonctions publiques"

De nos jours, l'antisémitisme est moins fréquent mais toujours présent.

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