Charline, Mégane et Audrey BFJ

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Ecury sur Velye

Billets de affaire-dreyfus-tpe

Conclusion

             Ainsi, la république se retrouva divisée en deux camps bien distincts: d'un côté les citoyens, qu'ils soient hommes politiques, intellectuels ou même membres du Tiers-Etat, pronant pour la libérté de Dreyfus et de l'autre les opposants à celle-ci. L'Affaire toucha tous les français quelque soit leur catégorie, leurs statuts socials. Elle engagea plusieurs idéaux moraux comme l'antisémitisme ou encore différentes actions telle que la ligue des droits de l'Homme.

Enfin, si la réhabilitation de Dreyfus intervient finalement en 1906, douze ans après sa condamnation, l'Affaire influence bien au-delà le jeu politique et social français. Elle marque en partie la naissance de l'extrème droite raciste française, elle renforce l'importance des intellectuels auprès du public et fonde la nécessité de l'engagement citoyen dans la société.

réhabilitation du capitaine

Les membres du camp antidreyfusards et leurs actions

               Durant l'affaire Dreyfus, les dreyfusards et antidreyfusards s'affrontent particulièrement violemment dans la presse voir dans la rue, afin de défendre leurs idées. Il n'est pas rare de trouver des caricatures antidreyfusardes dans les journeaux ou autres.

 caricature antidreyfusarde

              Le parti « antidreyfusards » s'est crée pendant l'Affaire pour montrer l'appartenance à une opinion précise dans celle-ci; pour ou contre Dreyfus. En l'occurrence, ce camp est contre le capitaine. Ainsi, les antidreyfusards sont les personnes qui s'opposent à la révision du procès de Dreyfus. Ils privilégient donc l'honneur de l'armée au détriment de la vérité judiciaire. C'est ce sentiment antisémite et le respect envers l'armée qui permet la fondation du camp antidreyfusard, le parti majoritaire au moment de la condamnation pour espionnage.

              Les antidreyfusards sont issus de la droite catholique, nationaliste et anti-parlementaire. Mais ils rassemblent aussi des intellectuels, des journalistes mais des hommes politiques et des officiers. Ceux ci ne voient en Dreyfus qu'un espion et un traître qui, par ses origines juives, menace l'intégrité nationale. Certes, ils sont peu nombreux face aux dreyfusards mais ils restent déterminés à défendre l'honneur de l'armée.

              Parmi les journalistes et les intellectuels, Maurice Barrès est l'un des principaux antidreyfusards. Son engagement antisémite se résume dans cette terrible phrase qu'il a prononcé: "Que Dreyfus est capable de trahir, je le conclus de sa race". Il était à la fois nationaliste et antisémite. Au moment où une première révision du procès fut considérée comme une possibilité, Maurice Barrès juge comme un fait minime l'éventuelle libération du déporté. Il affirme que les intellectuels sont des "nigauds, des étrangers, des animaux enragés ou décérébrés" pour vouloir innocenter Dreyfus. Pour cette insulte, il sera considéré comme une personne égoïste et raciste, d'où sa réputation d'antisémite.

Maurice Barres

En tant qu'intellectuels ardents antidreyfusards, Ferdinand Brunetière, lui, est un antidreyfusard affirmé par respect des institutions. Il choisit de ne pas donner d'opinion personnel sur la culpabilité du capitaine Dreyfus, mais il déclare que "porter atteinte à l'armée, c'est fragiliser la démocratie". Charles Maurras devint antidreyfusard pour défendre l'honneur de l'armée. Il défend le faux du colonel Henry en automne 1898. Il crée l'Action française en juillet 1899 pour défendre « le pays » contre les juifs, les francs-maçons, les protestants et les métèques. Henry Rochefort est le principal polémiste antidreyfusard. Son journal, « l'Intransigeant » , dénonce le syndicat des dreyfusards et soutient le camp des antidreyfusards.

              Parmi les hommes politiques, seulements trois d'entre eux sont contre la révision du procès d'Alfred Dreyfus. Tout d'abord, Godefroy Cavaignac, le ministre de la Guerre, qui s'oppose à la seconde révision du procès du condamné réclamé par Jaurès. Ensuite, Félix Faure, le président de la République durant la période où la révision du procès n'était pas acceptée. Et enfin, Jules Méline, le président du Conseil qui s'oppose aussi à la révision du procès. En tant qu'avocat, seul Jules Quesnay de Beaurepaire se définit comme étant un antidreyfusard.

              Pour finir, les antidreyfusards regroupent des officiers : Louis-Norbert Carrière, commissaire du gouvernement; Ferdinand Walsin-Esterhazy, espion au service de l'Allemagne et véritable auteur du bordereau; Joseph Henry, laborieux artisan des faux les plus célèbres de l'affaire Dreyfus; Auguste Mercier, premier accusateur public de Dreyfus et Armand Mercier du Paty de Clam qui lui aussi est un des principaux accusateurs du capitaine. 

              Les antidreyfusards se rassemblent autour de la Ligue de la patrie française et de la Ligue des patriotes, dont le chef est Paul Déroulède. Effectivement, en réponse à la Ligue des droits de l’homme, les nationalistes antidreyfusards se regroupent dans la Ligue de la patrie française. Moins extrémiste que les antisémites affirmés, guidés par Drumont et le futur collaborateur Maurras, elle cherche avant tout à défendre l’honneur de la patrie et de l’armée. Notamment les nationalistes refusent d’admettre que l’on puisse remettre en cause l’autorité de la justice militaire. La ligue comptera jusqu’à 300 000 membres avant de tomber dans l’oubli et de se dissoudre en 1905.

Les membres du camp dreyfusard et leurs actions

           Le camp dreyfusard, principalement de gauche est composé d’officiers, d’hommes politiques, de journalistes ainsi que de magistrats et d’avocats. Leur rôle dans l’affaire Dreyfus est de prouver l’innoncence du capitaine Dreyfus. Ils veulent que le jugement de 1894 soit interrompu.

           Le groupe dreyfusard est majoritairement composé de journalistes et d’intellectuels. On les qualifira d'"intellectuels" à partir de janvier 1898, selon le terme de Clémenceau qui se félicite que des scientifiques, des artistes et des universitaires aient signé une pétition en faveur de la révision du procès Dreyfus. Emile Zola est l'un des membres majeurs des Dreyfusards, il s'est investi tout particulièrement grâce à une lettre ouverte au président de la République dans L'Aurore sous le titre de "J'accuse...!", le 13 janvier 1898. Dans ce texte, le célèbre écrivain dénonce les manigances qui concernent le procès du capitaine Alfred Dreyfus, et l'acquittement par le conseil de guerre, trois jours plus tôt, du capitaine Esterhazy, le vrai coupable. De plus, Léon Blum, critique littéraire, impliqué également dans cette affaire puisqu'il a aidé Zola en lui rendant des comptes anonymement. Néanmoins, Emile Zola et Léon Blum, n'étaient pas les seuls membres à être mobilisés dans cette affaire. D'autres individus sont au cœur de la mobilisation, Lucien Herr, bibliothécaire de l'École normale supérieure ; Gabriel Monod, fondateur de la Revue Historique ainsi qu'Emile Duclaux, directeur de l'Institut Pasteur. La presse développe l'affaire Dreyfus comme étant une affaire d'opinion publique ce que souhaite le capitaine, et son frère Mathieu en fera de la sorte.

        Cependant, les hommes de lettres n'étaient pas les seuls à être impliqué dans cette affaire, de nombreux hommes politiques se sont mobilisés pour le captinaine Dreyfus comme Georges Clémenceau étant qualifié comme étant l'un des piliers du combat dreyfusard. Il était l'éditorialiste de L'Aurore et il c'est lui qui trouva le titre "J'accuse… !" pour la lettre de Zola au président de la République. Mais mis à part Le Figaro et L'Aurore, les politiques ne peuvent pas vraiment compter sur la presse. Avec Georges Clémenceau, Jean Jaurès et Joseph Reinach font partis des hommes politiques les plus engagés dans cette affaire. Jean Jaurès, lui, devient dreyfusard à partir de 1897. Selon lui, Dreyfus aurait été arrêté pour des questions de race et de religion. Quant à Joseph Reinach il rédigea de nombreux articles dans lesquels il montra l'importance de l'antisémitisme dans l'Affaire. D'autres hommes politiques se sont impliqués dans cette affaire tels que Emile Loubet, Francis Dehault de Pressensé, Auguste Sheurer Kestner, Ludovic Trarieux ou encore Pierre Waldeck Rousseau.

Georges Clémenceau   

         De plus, Des magistrats ainsi que des avocats se sont mêlés à cette affaire. Malgrè le nombre inférieur aux autres catégories impliquées dans l'Affaire, leur rôle était tout aussi important. Edgar Demange, lui était l'avocat du capitaine Dreyfus lors de sa condamnation, il l'a donc défendu lors de son procès, ce qui prouve son implication totale et son soutien pour Dreyfus. D'autres avocats ont suivit l'affaire Dreyfus de près tel que Fernand Labori ou bien Henry Mornard. Ainsi des hommes juridiques se sont également opposés aux idées présentés pour Dreyfus.

         Pour finir, une autre catégorie d'hommes se sont engagés : les officiers. Ferdinand Forzinetti était le commandant d'une prison militaire et il a été le premier homme à être convaincu de l'innocence de Dreyfus. Quant à Antoine Louis Targe, un enquêteur au nom du ministre avant la seconde révison du procès Dreyfus, a tenu à la disposition de la Cour de cassation les documents concernant l'affaire Dreyfus durant toute l'année 1905. Puis Georges Picquart, un chef du service secret militaire français, est devenu dreyfusard après avoir identifié Esterhazy comme auteur du bordereau.

Ferdinand Forzinetti

        Ainsi, chaque homme, malgrè leur différent statut se sont impliqués pleinement dans l'Affaire, ils se sont mis du côté d'Alfred Dreyfus et l'ont défendu durant ces 12 années de combat sans émettre aucun doute sur l'innocence du capitaine. Les Dreyfusards ont donc eu un rôle majeur dans cet évènement   et certains d'entre eux ont marqué le court de l'histoire.

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