Les membres du camp antidreyfusards et leurs actions

               Durant l'affaire Dreyfus, les dreyfusards et antidreyfusards s'affrontent particulièrement violemment dans la presse voir dans la rue, afin de défendre leurs idées. Il n'est pas rare de trouver des caricatures antidreyfusardes dans les journeaux ou autres.

 caricature antidreyfusarde

              Le parti « antidreyfusards » s'est crée pendant l'Affaire pour montrer l'appartenance à une opinion précise dans celle-ci; pour ou contre Dreyfus. En l'occurrence, ce camp est contre le capitaine. Ainsi, les antidreyfusards sont les personnes qui s'opposent à la révision du procès de Dreyfus. Ils privilégient donc l'honneur de l'armée au détriment de la vérité judiciaire. C'est ce sentiment antisémite et le respect envers l'armée qui permet la fondation du camp antidreyfusard, le parti majoritaire au moment de la condamnation pour espionnage.

              Les antidreyfusards sont issus de la droite catholique, nationaliste et anti-parlementaire. Mais ils rassemblent aussi des intellectuels, des journalistes mais des hommes politiques et des officiers. Ceux ci ne voient en Dreyfus qu'un espion et un traître qui, par ses origines juives, menace l'intégrité nationale. Certes, ils sont peu nombreux face aux dreyfusards mais ils restent déterminés à défendre l'honneur de l'armée.

              Parmi les journalistes et les intellectuels, Maurice Barrès est l'un des principaux antidreyfusards. Son engagement antisémite se résume dans cette terrible phrase qu'il a prononcé: "Que Dreyfus est capable de trahir, je le conclus de sa race". Il était à la fois nationaliste et antisémite. Au moment où une première révision du procès fut considérée comme une possibilité, Maurice Barrès juge comme un fait minime l'éventuelle libération du déporté. Il affirme que les intellectuels sont des "nigauds, des étrangers, des animaux enragés ou décérébrés" pour vouloir innocenter Dreyfus. Pour cette insulte, il sera considéré comme une personne égoïste et raciste, d'où sa réputation d'antisémite.

Maurice Barres

En tant qu'intellectuels ardents antidreyfusards, Ferdinand Brunetière, lui, est un antidreyfusard affirmé par respect des institutions. Il choisit de ne pas donner d'opinion personnel sur la culpabilité du capitaine Dreyfus, mais il déclare que "porter atteinte à l'armée, c'est fragiliser la démocratie". Charles Maurras devint antidreyfusard pour défendre l'honneur de l'armée. Il défend le faux du colonel Henry en automne 1898. Il crée l'Action française en juillet 1899 pour défendre « le pays » contre les juifs, les francs-maçons, les protestants et les métèques. Henry Rochefort est le principal polémiste antidreyfusard. Son journal, « l'Intransigeant » , dénonce le syndicat des dreyfusards et soutient le camp des antidreyfusards.

              Parmi les hommes politiques, seulements trois d'entre eux sont contre la révision du procès d'Alfred Dreyfus. Tout d'abord, Godefroy Cavaignac, le ministre de la Guerre, qui s'oppose à la seconde révision du procès du condamné réclamé par Jaurès. Ensuite, Félix Faure, le président de la République durant la période où la révision du procès n'était pas acceptée. Et enfin, Jules Méline, le président du Conseil qui s'oppose aussi à la révision du procès. En tant qu'avocat, seul Jules Quesnay de Beaurepaire se définit comme étant un antidreyfusard.

              Pour finir, les antidreyfusards regroupent des officiers : Louis-Norbert Carrière, commissaire du gouvernement; Ferdinand Walsin-Esterhazy, espion au service de l'Allemagne et véritable auteur du bordereau; Joseph Henry, laborieux artisan des faux les plus célèbres de l'affaire Dreyfus; Auguste Mercier, premier accusateur public de Dreyfus et Armand Mercier du Paty de Clam qui lui aussi est un des principaux accusateurs du capitaine. 

              Les antidreyfusards se rassemblent autour de la Ligue de la patrie française et de la Ligue des patriotes, dont le chef est Paul Déroulède. Effectivement, en réponse à la Ligue des droits de l’homme, les nationalistes antidreyfusards se regroupent dans la Ligue de la patrie française. Moins extrémiste que les antisémites affirmés, guidés par Drumont et le futur collaborateur Maurras, elle cherche avant tout à défendre l’honneur de la patrie et de l’armée. Notamment les nationalistes refusent d’admettre que l’on puisse remettre en cause l’autorité de la justice militaire. La ligue comptera jusqu’à 300 000 membres avant de tomber dans l’oubli et de se dissoudre en 1905.

membre antidreyfusards

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