La position de l'église et de l'armée

 

              À la fin du XIXe, la religion catholique est religion d'État. A part de très rare exceptions, tous les enfants français sont baptisés. Dans tous les tribunaux de France, un crucifix est accroché au mur. L'église catholique exerce ainsi une forte pression sur la société française.

Le rôle de l'Église dans l'affaire Dreyfus est donc logiquement montré du doigt.

L'attitude du monde catholique devant l'affaire Dreyfus est de ce fait très souvent assimilé à un antidreyfusisme Cependant, bien que la plupart des membres de l'Église aient choisi le camp antidreyfusard, et notamment dans la presse religieuse qui possède par exemple le quotidien La Croix, diffusé à 15 000 curés, et l'hebdomadaire Le Pèlerin, pour Dreyfus. Il convient enfaite de nuancer le propos car à l'image de la société française, le monde catholique est très diversifié, c’est pourquoi Jean-Marie Mayeur a montré qu'il y a eu des catholiques dreyfusards.

On considère donc généralement que l'Église a été neutre pendant toute la durée de l'Affaire. Aucune prise de position officielle n'est en effet prise de la part des évêques et du clergé séculier. L'Église est très discrète, ce qui n'est pas le cas en d'autres circonstances. Dans Le Figaro, le 15 mars 1899, le pape Léon XIII affirme :« La vraie accusée n'est-elle pas la République ? Qu'on n'espère pas faire de cette affaire de partis une affaire de religion. » Et il ajoute : « Heureuse la victime que Dieu reconnaît assez juste pour assimiler sa cause à son propre fils crucifié. »

On explique souvent cette neutralité par la volonté d'éviter tout conflit avec l'État.

Cela dit, une bonne partie des forces antidreyfusardes revendiquent leur appartenance à une France catholique et opposent leur croyance à la volonté de plus en plus forte exprimée par ceux qui veulent la révision du procès Dreyfus à partir de 1897.

          

      Dans cette affaire, l'armée de la nation française a joué un rôle essentiel. Parmi l'armée, la responsabilité des ministres de la Guerre, des généraux de l'Etat-Major et les officiers chargés de l'enquête présents dans l'Affaire ont su être des acteurs indispensables. L'armée est antisémite et s'oppose à Dreyfus, elle tente par tous les moyens de rendre le capitaine coupable, non seulement parce qu'il est juif mais aussi car c'était un capitaine. De plus, Cavaignac, un républicain mais aussi un adversaire de la révision du procès de Dreyfus dévoile dans la citation qui suit les motivations de l'armée sans prendre en compte l'avis du camp antidreyfusard. Selon lui, l'honneur de l'armée doit passer avant tout, et ne doit être en aucun cas fragilisé:

"Je ne voudrais pas me laisser aller, pas même ici, dans cette cité reconstituée sur les ruines de la frontière et qui est demeurée comme la cicatrice plus sensible d'une plaie mal fermée...mais lorsqu'on suit comme nous le faisons cette propagande qui s'attaque ausx sources vives de la vie nationale et qui poursuit son oeuvre de désorganisation, et qui répand son poison, de l'Université au Parlement et de l'école à la caserne, comment ne pas évoquer le souvenir des sentiments et des tendances qui avaient pénétré au lendemain des désastres de 1870 toutes les âmes françaises...

Et tous ceux qui sont morts en 1870 comme ceux qui ont travaillé depuis à reconstituer la puissance militaire de la France ont été dominés par une seule idée, par l'idée que le désastre de 1870 n'était point une condamnation sans appel...et que la grandeur d'une nation, le rayonnement intellectuel de son génie national, aussi bien que le développement de ses intérêts matériels, dépendaient étroitement du développement et de l'affirmation de sa puissance militaire..."

 

Eglise armee

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